Par-delà le Comté d’Arkham (extrait) de Julia S.

Nouvelle couverture pour Par-delà le Comté d’Arkham. Cela se fête par un extrait. Il est disponible en téléchargement sur tous les sites de vente au prix de 1,49 €.

 

Présentation :

Le temps est venu pour Maelys, jeune enchanteuse, de faire une démonstration de ses talents pour intégrer la Confrérie.
Elle devra pour cela voyager dans des terres inhospitalières, par delà le comté d’Arkham, où vit le terrible magicien noir.
Mais les tentations sont nombreuses pour une adolescente à la sensualité débridée, et le risque de s’égarer en chemin est grand…

***

Extrait : 

Maelys avait toujours eu du mal à résister à la gourmandise, mais la luxure ne faisait jusqu’ici pas partie de ses défauts. « Juste une fois, une seule, et après tu seras pure autant que tu veux, pour tout le reste de la longue vie de compagnon-magicien » lui murmura une petite voix tentatrice dans sa tête. Maelys déglutit, ne sachant plus quelle attitude adopter. L’homme perçut son hésitation et lui dit « Non ? » en la plaquant de nouveau contre le mur.

Ses mains se posèrent sur ses hanches, et glissèrent lentement sous son chemisier, caressant son ventre. Elle vit poindre dans ses yeux une lueur de désir, et quand ses lèvres effleurèrent les siennes elle ferma les paupières, emportée par des sensations nouvelles. Sa bouche et ses doigts étaient frais, alors que le corps de Maelys brûlait de l’intérieur. Elle tendit instinctivement son bassin vers le sien, mais il l’attrapa par les bras et la repoussa contre les pierres glacées.

— Pas ici, chuchota-t-il en regardant la foule. Viens.

Il la prit par la main et ils sortirent par une petite porte à l’arrière de la cour. La nuit était totale, et l’air se rafraîchissait. Maelys se sentait un peu étourdie, mais se laissa guider. Sa poche la tirailla soudain ; elle ouvrit son esprit et perçut enfin les hurlements intérieurs du Dé.

— Mais comment peux-tu faire confiance à cet homme que tu ne connais même pas ? Il veut juste t’utiliser. Et ta mission, tu l’as oubliée ? Tu ne devais révéler l’existence de la confrérie à personne, je te le rappelle. J’espère que tu ne lui as rien dit pour moi parce que sinon il va essayer de me posséder et ça je ne pourrai jamais le supporter…

— Chut, calme-toi, je veux simplement m’amuser un peu et glaner quelques informations, c’est tout. Je ne lui ai pas parlé de toi. Il doit penser que la magie vient entièrement de moi.

— Je ne suis pas sûr qu’il soit dupe. Cet homme est un magicien confirmé, je sens sa puissance d’ici… Alors que tu n’es qu’une novice qui ne sait même pas se servir seule de son pouvoir. Va-t’en pendant qu’il est encore temps !

— Non.

— Tu n’es vraiment qu’une gamine immature ! Tu ferais mieux de retourner chez la vieille dame, cette madame Rose, elle avait l’air très bien…

— C’est ça ! Parler tricot, boire des tisanes… J’en rêve.
— Je refuse que tu partes avec cet inconnu.
Maelys respira bruyamment. La moutarde lui montait au nez. Le Dé allait lui gâcher la

soirée. S’il se sentait en danger ou la pensait menacée, il pouvait se montrer insupportable.

— Bon, écoute, je te poserai à l’entrée, tu n’auras qu’à prendre l’apparence d’une pierre, je te récupérerai en sortant.

— Très bien, laisse-moi tomber, persifla le Dé, vexé.

— Tu seras en sécurité, et moi à l’abri de tes jérémiades. De plus, je ne suis pas sûre que tu veuilles assister à nos ébats ?

Le Dé s’enferma dans un silence outré, pendant que l’homme la menait chez lui. Ils marchèrent quelques dizaines de mètres, puis parvinrent devant une maisonnette coquette aux murs de briques rouges. Une fumée odorante s’échappait de la cheminée, une lumière chaude filtrait derrière une fenêtre. Maelys laissa tomber le Dé discrètement à deux mètres de la porte. Celui-ci se changea en une pierre terne qui se mélangea aux autres.

L’homme se tourna vers elle, et avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, il la prit dans ses bras pour franchir le seuil. En sentant ses mains chaudes contre son corps, elle eut l’impression de défaillir. Ils pénétrèrent dans un hall aux murs lambrissés, au parquet de chêne clair. La maison était propre et chaleureuse. Son hôte laissa tomber ses clefs sur un petit guéridon, à côté d’une lampe à l’abat-jour de toile jaune, et déposa Maelys sur le sol.

Celle-ci ôta son manteau et lui tendit. Elle s’empourpra en voyant son regard concupiscent s’attarder sur son corps.

— Tu as faim ? — Non, c’est bon.

— Sans doute as-tu envie d’autre chose, susurra-t-il en se collant à elle et en l’embrassant doucement.

Maelys déglutit, ses mains tremblaient. Elle le repoussa.

— Attends, fit-elle en faisant appel à toute sa raison pour ne pas sombrer instantanément. Parle-moi d’abord du magicien noir.

L’homme la dévisagea et lui toucha la joue.
— Que veux-tu savoir ?
— À quoi ressemble-t-il, quels sont ses pouvoirs ?
— Mmh, murmura-t-il en se rapprochant d’elle. Il est très âgé, mais d’une grande force

physique.
Il la souleva d’un bras, caressa son dos sous son chemisier.
— Si tu n’y prends pas garde, il te volera ton âme et ta jeunesse. Je ne crois pas que tu sois

de taille à le vaincre, petite fille.
Ses mains glissèrent sur son ventre, s’attardèrent sous le galbe de ses seins, pendant que ses

lèvres chaudes se posaient sur le cou de Maelys. Celle-ci se mit à gémir, puis se reprit et lui dit : — Tu vas m’aider ?
— Bien sûr, souffla-t-il, les pupilles dilatées par la convoitise. Mais d’abord, je te fais visiter. Il l’entraîna au bout du couloir, poussa la porte de bois peint, l’invita à rentrer d’un geste.

Maelys pénétra à l’intérieur de la pièce, une chambre minuscule, mais coquette où trônait un lit moelleux. La lueur tremblante d’une chandelle vacillait sur les cloisons lambrissées sur lesquelles Maelys aperçut plusieurs gravures anciennes, des scènes de boudoir où se pavanaient de belles dames en tenue affriolante. Sur le mur du fond, des rideaux de brocart pourpre ondulaient au gré du vent.

— Ça te plaît ? lui susurra l’homme à l’oreille, son torse puissant collé contre son dos.

Maelys se retourna brusquement en rougissant. Quel mufle ! Il n’avait pas du tout l’intention de répondre à ses questions, il ne pensait qu’à la bagatelle… Elle posa ses paumes sur sa poitrine pour le repousser, mais la faim impérieuse qu’elle lut dans ses yeux lui fit perdre toute force. Elle laissa glisser ses doigts de ses pectoraux vers ses abdominaux dont elle palpa la fermeté malgré la fine tunique de lin. Une envie brutale, animale, lui tordit le bas-ventre. Quand il approcha sa bouche de la sienne et s’empara de ses lèvres, elle sentit ses mamelons se durcir. Il déboutonna son chemisier, enveloppa un de ses seins d’une main, tandis que l’autre effleurait son entrejambe. La caresse de ses doigts sur sa peau à travers le tissu la mit au supplice. Sa respiration devint saccadée, ses gestes maladroits. Il l’aida à dégrafer son pantalon et le retira, puis la souleva de terre. Elle enroula ses cuisses autour de sa taille musclée et perçut la bosse dure de son sexe contre le sien. Il lui plaqua le dos contre le mur et commença à bouger, en un lent va-et-vient qui lui enflamma les sens. Elle était nue comme un ver et lui, toujours vêtu. Elle gémit de frustration et tenta de le déshabiller, mais il lui saisit les bras et les emprisonna d’une poigne ferme, les leva au-dessus de sa tête. Elle se cambra, la position étant inconfortable et presque douloureuse. L’homme écarta légèrement son visage du sien et la fixa, semblant se délecter de sa souffrance. Il continuait à se frotter contre elle tel un animal en rut, en émettant des bruits sourds. Elle sentit le plaisir monter par vagues, un peu plus haut à chaque coup de boutoir. Au moment où l’orgasme éclata, elle cria et s’abandonna.

— Regarde-moi, gronda son tortionnaire d’un ton impérieux.

Elle releva les paupières et se perdit dans ses iris bleus. Ce regard… ce n’était pas normal, quelque chose clochait…

© Amarante Editions, 2017

 

 
 
 

 

 

 
 
 

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