Couleur de Sang

Quatrième de couverture :

Très librement inspiré des contes qui ont bercé notre enfance, Couleur de sang relate l’improbable rencontre amoureuse de deux êtres issus de deux mondes que tout oppose : la forêt et la civilisation humaine, le merveilleux et le réel.

Grâce à un style extrêmement poétique où chaque phrase brille comme une pierre précieuse, Nathy nous tisse un conte inoubliable et finement ciselé qui mêle la saveur intemporelle des légendes d’antan à d’indéniables touches de modernité.

Sortie : 15 septembre 2017

Prix : 0,99 €

Style : romance + merveilleux

Extrait :

— Ne passe pas par la forêt, Ysabeau, lui recommande sa mère. Il paraît que des loups affamés y rôdent. Si la nuit est tombée avant ton retour, reste donc chez ta grand-mère. Mais la belle et innocente jouvencelle aime les bois, caresser l’écorce rugueuse des troncs, s’enivrer de l’odeur de la mousse, s’allonger sur le tapis de feuilles. Les parfums de ce jour d’hiver particulièrement clément embaument sa peau douce d’un suave parfum de fleurs. Ysabeau s’en va, chantonnant sur le chemin. Dès qu’elle n’est plus à portée de vue de la maisonnée familiale, elle bifurque vers les frondaisons pour prendre un sentier qu’elle connaît bien. Il est tôt et elle sera bien plus rapidement au village en passant par là. Elle a toujours perçu la forêt, inhospitalière selon les habitants du bourg, comme un lieu enchanté. Pour elle, il regorge de la magie des endroits féériques. Elle s’extasie devant les délicates toiles emprisonnées par une fine pellicule de givre, les feuilles qui craquent sous ses pieds légers, la mousse parsemée d’exquis cristaux aux mystérieux dessins. Ysabeau chante de sa voix claire, danse, virevolte, tandis que ses longues boucles dorées s’échappent de sa coiffe. Elle rit quand une brise tiède s’engouffre dans sa chevelure alors qu’elle arrive aux abords du puits où elle vient régulièrement s’asseoir. Son chaperon enlevé, elle l’abandonne sur la margelle et pose le panier à ses pieds. Ysabeau entame une ballade aux sonorités enjouées. Toute la faune se fait muette pour écouter la belle. La mystérieuse créature, attirée par la joyeuse mélopée, s’avance, observe. La jeune fille nimbée de soleil lui apparaît tel un ange descendu du ciel. La bête tend l’oreille, subjuguée par la merveilleuse et enchanteresse voix de la ravissante humaine. Une bourrasque soulève le capuchon et le dépose devant ce gardien des lieux. Il se penche, saisit la coiffe, en hume l’arôme et ferme les yeux, grisé par la douce fragrance. Affriandé par la vue enchanteresse, le cœur en émoi, il s’arrête à quelques pas

de la délectable pucelle. D’un geste plein d’élégance, il lui tend son chaperon envolé.
— Je crois que ceci vous appartient.
Ysabeau sursaute, crie de frayeur puis se tait, captivée par les prunelles topaze de l’homme qui lui fait face.

— Je ne voulais point vous effrayer, pardonnez-moi.
Elle est si belle avec ses lèvres couleur de framboise, son teint de pêche, ses yeux telles deux émeraudes et cette peau qui semble si douce. Il a tant envie d’étreindre cette femme adorable. Il aimerait en savourer le goût sur sa langue. Et si la bête qui est tapie en lui se réveillait… que lui ferait-elle ?
Un sourire éclatant illumine le visage d’Ysabeau, tout aussi charmée par son inattendu vis-à-vis. Deux êtres si différents, deux cœurs battant à l’unisson, le monstre et la belle ingénue. Il lève une main hésitante vers les traits angéliques, car il a peur qu’elle ne soit qu’une illusion. Elle ferme les paupières, tremble d’émoi ; ses lèvres entrouvertes laissent échapper un souffle à peine perceptible. Le contact de la paume sur sa joue est chaud, tellement agréable. Il caresse du bout des doigts la tendre pommette, effleure la bouche offerte, descend le long du cou gracile . Il ne peut quitter du regard celle qui vient d’éveiller tous ses sens. La jeune fille est bouleversée devant tant de beauté, de douceur. Pas un instant elle ne songe à fuir ce mystérieux inconnu tout de rouge vêtu. Ses iris orangés l’envoûtent et elle perd tout contrôle. Un gémissement instinctif s’échappe de la gorge de l’homme. Il la désire. Il enroule son bras autour de sa taille fine et la plaque contre lui. Leurs lèvres s’unissent, s’effleurent, se goûtent. Leurs langues humides se cherchent, se caressent, se perdent pour mieux se retrouver. Ils s’égarent. Les arbres murmurent, les branches frémissent. Il desserre son étreinte, le souffle court. Il ne sait plus où il est ni ce qu’il lui a pris d’embrasser ainsi une humaine. Ysabeau rouvre les yeux, le cœur battant à tout rompre. Ses joues s’empourprent au souvenir de cet intense et fougueux baiser. Les sensations qu’elle ressent encore la font vibrer. Elle aimerait une fois de plus s’offrir à son étreinte, mais, embarrassée, elle prend alors conscience qu’elle ignore tout de lui. Confuse, elle saisit son capuchon, son panier et s’enfuit, rouge de honte.

 

Vous pensez au « Petit chaperon rouge » de notre ami Perrault, n’est-ce pas ? Oui, mais pas que…

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